Mohamedtolba

Friday, January 13, 2006

No subject

Le Ministre de l’Intérieur vient de faire un grand ménage touchant essentiellement l’administration territoriale qui a été apurée de ses éléments les plus corrompus et les plus impliqués dans la fraude et la manipulation. Cette entreprise salutaire vient après une autre décision de taille du Gouvernement de confier la gestion du Pétrole à l’un des cadres les mieux formés et les plus intègres du pays, Mr. Aboubakr Ould Maroini. Des signes encourageants pour tous ceux qui croient en la nécessitée d’engager dès a présent un assainissement sérieux de l’administration publique et baliser les voies de reforme dans ce domaine pour le prochain gouvernement démocratiquement élu. J’ose espérer que d’autres départements suivront et montreront autant de zèle a chasser les corrompus, promettre les meilleurs et réhabiliter tous ces fonctionnaires laissés a la touche par une administration qui ne pardonnait pas les écarts d’idées et de comportements, même les plus bénignes et les moins fracassants.

Il est indispensable, durant la période de transition, de proclamer haut et fort la fin du « militantisme administratif » cher à tous ceux nombreux qui ont fait de l’activisme politique un tremplin pour la carrière administrative et de vulgariser et mettre en pratique l’idée que les fonctions techniques managerielles de l’administration publique ne doivent être pourvues que par des technocrates selon le seul critère du mérite. Les hauts fonctionnaires engagés en plein temps dans l’action politique devront démissionner de leurs fonctions administratives ou demander à être mis en position de détachement. Ceux qui resteront en activité devront respecter un devoir de réserve absolu pour hisser la fonction publique à un niveau qui lui permet de garder son autonomie et son indépendance et donc le respect de ses partenaires et ses usagers.

Il faudrait aussi que les politiques signent une déclaration sur l’honneur qu’ils n’utiliseront par le mandat des urnes pour placer leurs amis et supporters dans des postes administratifs, usant la procédure discrétionnaire du Gouvernement. D’ailleurs, il serait opportun de limiter cette procédure aux emplois de Ministres, de Secrétaires Généraux de départements ministériels et de Directeur Généraux d’administrations et d’entreprises publiques. Pour être juste, cette déclaration sur l’honneur devra s’accompagner d’un processus général de reformes visant a s’assurer que l’héritage du régime déchu dans ce domaine sera examiné sérieusement pour éviter a l’Etat de continuer a traîner sur une longue durée, un lourd fardeau qui mettrait en péril toute les tentatives de modernisation et d’amélioration de l’efficacité de l’action publique.

Il est de notoriété publique qu’une grande partie des fonctionnaires ont été recrutés suivant des procédures qui ne garantissent pas la justice et l’équité entre les citoyens et qui ne permettent pas a l’Etat de satisfaire au mieux ses besoins en ressources humaines. Pire, nombreux sont les agents publics qui ont utilisé des voies douteuses (falsification de diplômes, usage de faux CV, népotisme, clientélisme, ….etc.) pour se faire recruter par les administrations dans un environnement ou la fonction Personnel était volontairement ignorée pour permettre les abus. Hawassa est la meilleure image pour décrire un système ou chaque fondé de pouvoirs essayait de placer le maximum des siens sans aucun souci pour les autres et surtout pour l’intérêt général qu’il est sensé défendre. Le système s’appuie sur une idée largement partagée, généreuse à certains égards, selon laquelle n’importe qui peut faire n’importe quoi, l’essentiel étant de distribuer des revenus et permettre aux uns et aux autres d’avoir leur part du gâteau.

Il va falloir examiner sérieusement cette situation et trouver les voies et moyens pour séparer le bon grain de l’ivraie. Comme il ne parait pas « politiquement » raisonnable de toucher aux avantages acquis, il s’agit de mettre en place de procédures de réévaluation systématique de l’existent : revoir les dossiers et les équivalences de diplômes, tester et bloquer l’avancement des fonctionnaires qui ne passent pas la barrière d’examens administrés selon les règles de l’art. Il faut tamiser finement et faire en sorte que seuls les plus compétents et les plus productifs des fonctionnaires bénéficient des investissements en productivité : additionnel augmentations de salaires, formation et intégration des nouvelles technologies. Autrement, la croissance de la masse salariale des agents de l’Etat n’aura pour effet que de creuser les déficits et finalement être neutralisée par une augmentation probablement plus que proportionnelle du niveau général des prix. There is no free lunch et seule une amélioration de la productivité des fonctionnaires permettra à la collectivité de mieux les traiter moralement et matériellement sans que cela n’impact négativement sur l’équilibre général de la société.

Plus les dysfonctionnements internes de l’administration publique sont correctement traités et plus la chance est grande d’avoir celle-ci développer une autonomie par rapport au corps social et une indépendance vis-à-vis de la sphère politique. Les domaines de chaque partie seront de plus en plus différenciés et le développement de cette spécialisation est certainement l’un des fondements de la modernité et du progrès.

Les hommes politiques pourront alors se consacrer à et mesurer la noblesse de leur mission qui est de guider et d’orienter la société sur la bonne direction. Une mission, souvent une vocation, qui requiert les qualités de leadership : charisme, intuition et ce qui en découle une capacité supérieure de comprendre et de se connecter avec la société, d’exprimer ses profondes aspirations et d’imaginer les meilleures voies d’assurer l’adéquation entre ces aspirations et les contraintes observées de l’environnement. La politique ne serait plus alors un simple jeu d’alliances visant à partager un gâteau dont l’agrandissement n’est le souci de personne, une conception profondément enracinée dans le microcosme politique mauritanien dont l’extinction est notre seule garantie pour une démocratie moderne et un Etat juste et efficace dans son rôle de pourvoyeur de bien être pour tous les citoyens.

Mohamed Ould Ahmed Tolba
USA

De la decision du FMI

J’ai suivi la conférence de Presse organisée par le Gouvernement après la décision du FMI de retarder l’annulation de sa dette sur notre pays, ainsi que la rencontre entre le Gouvernement et les partis politiques et les acteurs de la société civile. Je comprends la révolte des différents intervenants et je me joins à tous ceux qui demandent au FMI de revoir sa décision pour lever une partie des contraintes aigues qui pèsent sur les Finances de l’Etat.

Il est, en effet, inconcevable qu’au moment ou notre pays s’engage sur la voie des reformes sérieuses de son système d’administration et de gouvernance, ouvrant pour la première fois l’espoir d’une meilleure vie pour les plus pauvres de nos concitoyens, les institutions de Bretton woods décident de saper l’élan d’optimisme crée par le changement du 3 Août 2005. Le FMI a fait preuve de peu de sensibilité et vient d’accréditer l’idée largement partagée a son égard d’une institution ou des hauts fonctionnaires froids et calculateurs prennent des mesures sans considération pour leurs effets humains et la violence émotionnelle qu’ils exercent sur des peuples faibles et meurtris.

Cela dit, notre responsabilité dans ce qui nous arrive ne doit pas être négligée. Ce sont nos hauts fonctionnaires et nos institutions nationales qui ont négocié avec le FMI et signé des conventions et des accords qu’ils ont défendus devant leurs peuples comme étant les meilleurs possibles. Ils ont premièrement trompé leurs propres concitoyens en concevant et mettant en œuvre des politiques que tout permettait de dire qu’elles ne répondaient pas aux besoins des populations, notamment en terme d’éducation, de santé et de lutte contre la pauvreté. Ils ont concocté et vulgarisé à travers les medias publics des chiffres faux sur les indicateurs des performances de l’économie pour vendre l’idée que tout allait bien dans le meilleur des mondes. La falsification et la manipulation des chiffres étaient pratiquées a une échelle telles qu’elles sont devenus une seconde nature, une marque d’intelligence et d’habilitée, et un exploit professionnel. Une dérive malsaine et destructrice qui finira par empoisonner et saper nos rapports avec les institutions financières internationales qui ont tardivement, et c’est la où réside leur incompréhensible complicité, qu’on n’est pas aussi malin et habile que nous le croyions. L’impunité étant la règle, personne n’a été inquiété. Les premiers responsables des administrations économiques et financières qui ont certes été demis mais sans explication des motifs faisant dire a l’un d’eux a l’un de ses amis venus lui présenter « ses condoléances » qu’il ne sait pas pourquoi il a été demis, ni d’ailleurs pourquoi il a été nommé, easy coming, easy going, diraient les americains.

Ce qui est regrettable dans la mise en scène actuelle est le peu de cas fait de la responsabilité personnelle dans la gestion des affaires publiques. On ne saurait probablement jamais les détails de cette affaire comme d’ailleurs beaucoup d’autres tristement célèbres : plan d’urgence, trou financier dans caisse de la banque centrale, la vente de raffinerie de NDB, le financement des déficits publics, etc.…J’ai entendu Ould Abeidrahman dire dans les micros de Radio Mauritanie que la lumière doit être faite sur cette affaire, une certaine façon de se dédouaner, étant celui qui a la tête de la banque Centrale au moment ou cette institution a négocié la première dévaluation de l’ère de « Darja lmine », un poste juteux qu’il a eu en récompense de ses yohas au stade olympique, pour soutenir « le candidat du changement dans la stabilité ». J’ose espérer, néanmoins, que « l‘animal politique » mettra autant de ferveur pour demander a éclairer les citoyens sur d’autres affaires, a commencer par la cession des actions de la banque Centrale a l’une des banques primaires de la place et la vente de l’immeuble BMCI, intervenues lorsqu’il était Gouverneur de La Banque des Banques.

Je suis heureux que le Premier ministre ait déclaré clairement que le Gouvernement de transition n’a aucune prérogative en matière d’amnistie pour les responsables des crimes économiques. Je lui demande d’aller plus loin en dotant l’Inspection Générale d’Etat, qu’il a crée il y a quelque mois, de moyens conséquents et l’orienter exclusivement vers l’éclairage des citoyens et des pouvoirs publics sur les mécanismes qui ont permis a des hauts fonctionnaires corrompus, en connexion avec des fournisseurs véreux de s’enrichir considérablement sur le dos de la collectivité. Quels sont les montants détournés ? Quelles sont les personnes physiques et morales impliquées ? Quels sont les effets sur les Finances de l’Etat et l’impact sur les politiques publiques, notamment celles ciblant les plus pauvres et les plus démunis de nos citoyens ? Des questions qui hantent la conscience collective et qui peuvent perturber le processus de stabilisation et de développement des institutions démocratiques républicaines si la volonté est absente de leur fournir des réponses de la qualité.

L’amnésie défendue par certains au nom de la stabilité serait la plus mauvaise des réponses et dans le cas où elle est retenue comme la plus opportune, ses séquelles continueront, pour de longues années, a générer des comportements préjudiciables pour la bonne marche des affaires publiques.

Mohamed Tolba
USA

Sunday, December 11, 2005

Separation of the religion and the State

I do not know what my compatriot, Mohamed Vall, mean by separation of religion and the state? Up to my best knowledge, the imams are not in charge, the law and the State institutions are largely secular and western inspired even thought the constitution clearly stipulates that Islam is the religion of the People and the State and the Charia is the main source of the Law. By a strange paradox, the Islamic character of the State was mainly used to insulate Islam inspired organizations from the political, even social, arena.

The relation between the religion and the State needs to be debated and every citizen should be welcomed to express his/her point of view but one should restrain from trying to prove one’s case by false premises and diffusing baseless allegations to a public that may not be familiar to the Mauritanian realities. I found, in your contribution, some inaccurate and misleading statements that are not consistent with your right appeal for unity to “find solutions for Mauritanian problems regardless of ethnicity, ideology or gender”. Bipartisan efforts are the first requirement to lift the country and to address the legacy of thirty years of corruption and mismanagement.

In my point of view, the domains of the religion and the State do not overlap in Mauritania at a level that makes it different or special compared to others countries sharing the same history and cultural background. But even if we concede, for the sake of the argument, that there is no separation between the State and the religion, I frankly don’t see how this assumption relate to the 1989 events, the suffering of a large portion of the population from slavery and the so-called mistreatment of women.

In 1989, dramatic events followed a skirmish between nomad Peul from Mauritania and farmers Sarakole from Senegal along the borders between these two countries. Racial riots, nourished by the racist propaganda of the Flam, took place in Senegal where Moorish were looted and murdered. The military Government at that time jumped on this occasion to improve its stand among its people by implicitly condoning a barbaric popular reaction whose victims were poor innocent Senegalese immigrants who have nothing to do with what did happen earlier to the Mauritanian immigrants in Senegal. These shameful events originated a big crisis that resulted in the shut down of the borders and the transfer from one side to the other of thousands of people. Mistakes were done by both governments who didn’t show the required level of leadership in dealing with this terrible crisis. The issue of Mauritanian refugees in Senegal was born and since then didn’t find a radical solution despite the tentative of the former government and the positive attitude of the new rulers.

But who bear the responsibilities of what happened to Lekwar? Is it Islam? Is it these “religious groups” who “tried to use the religion to defend their shameful political and social agendas and those of their political allies”? By the way who are these groups? Or the state of dictatorship and the propaganda of the radical ethnic groups eager to create crisis upon which they could advance the sectarian agenda.

On the other hand, who gave shelter and food to the displaced in 1989? Not as I know the radical leftists prompt to distribute blames but often absent in action. I still remember the crowd of refugees in the central mosque and the bearded men providing food and water to them. For the sake of truth I do remember condemnations from the MDI and MND but the most efficient were those of the imams during the weekly Friday prayer. Our countrymen in Senegal found safety only in places like Medina Kaolack run by Cheikh Brahim Niass order, an Islamic Sufi brotherhood.

The dramatic events of 1989 and 1991 are too serious to be used as a play grounds for politics. One has to be careful in these critical moments where a divided people and a weak state are trying to stand up and build new foundations for a modern society governed by the rule of law not to “throw the oil on the fire”. What is at stake is the "future of Mauritania” that “should be put way above the interests of few individuals, groups, tribes or regions” and either the construction of a united, democratic, prosperous, and peaceful Islamic republic. Or, a chaotic, fragmented, dictatorial and corrupt State where the poor from all ethnic backgrounds will be disfranchised and marginalized as it has been for so long.

Another point you tried to make is the correlation between slavery and the non separation between the State and the religion. I don’t know where you got the 40% allegedly the portion of the population who suffer from slavery. Since there is no indicated reference, I guess you made it. So, why not 50% or more since there is no desire to be factual but rather to describe a fictional reality consistent with the idea you want to sale. So, who are these 40% that suffer from slavery? Do you mean the house workers, known as “boyat”, “M’Bindanatt” and “Hakamat”? Or something else not yet discovered by SOS Slavery, an NGO with political agenda, eager to show “new cases” of horrible masters, inhumanely treating their poor slaves.

The facts are house workers are not slaves. They are mostly immigrants from neighboring countries filling an important segment of the workforce where the supply barely satisfies the demand. There is nothing wrong here and it will be a prejudice for our country to vilify any kind of job in the name of slavery eradication. As an undeveloped country where poverty is widespread, any opportunity to make an income should be promoted. There is nothing here inconsistent with the need to improve the work conditions by raising the standards not only through effective regulations but also providing good jobs and increasing the education and training level of the workers.

Slavery is essentially a story of the past and since the inception of the State, the talk has consistently been about the way to finish with this of another age practice. We can argue about the effectiveness of the public action toward eradicating slavery, but the fact is the State does not condone slavery. If remnants of it still exist, it’s mainly in the rural areas, where analphabetism and poverty are widespread, and mostly for economic reasons.

There is no way to remake History and the best we can do is by looking to the future and making sure that the national effort is directed to promote human dignity and citizens participation. Of course, it’s not easy and we tend often to blame the circumstances for whatever happen to us instead of standing up and recognizing our responsibilities to change and to act according to basic principles of human effectiveness. Helping our fellow citizens to grow is emphasizing solidarity and education. We need to get rid of poverty and raise the minimum level of the general instruction to at least secondary education to create the conditions for a radical eradication of slavery.

There are rooted perceptions in the West that Islam is a religion of violence that condone mistreatment of women and Slavery. They stem from old paradigms deeply embedded in the collective subconscious that are reactivated from time to time for political purposes, either at a national or/and international level. Our duty as Muslims of the West is to show the real face of Islam and to work toward a better understanding of our religion by our fellow citizens from others cultural and religious backgrounds. By doing so, we advance the cause of humanity in its global search for peace and prosperity.

Unfortunately, some of our activists prefer to look down to their narrow agenda carelessly missing an opportunity to positively influence not only the local politics but also the general state of human condition.

Mohamed Tolba
New York
USA

Saturday, December 03, 2005

Plaidoyer pour un Etat republicain

J’ai eu l’occasion durant une courte visite dans la capitale fédérale américaine de rencontrer des compatriotes et de participer à des discussions, parfois intenses, sur l’état de la Nation et les visions d’avenir. J’ai été agréablement surpris par le niveau des discussions et le désir de chacun de se faire entendre à dessein d’influencer et de peser sur l’évolution des événements, découlant à mon avis d’un sentiment partagé que quelque chose d’intéressant et de réel est entrain de se passer dans notre pays.

L’aspiration de justice a été sur toutes les lèvres. Justice sociale pour les descendants d’anciens esclaves qui ont été victimes d’abus et de discriminations au fil des siècles, pour leur donner plus de chance dans la compétition que se livrent les citoyens pour la création et la répartition de la richesse nationale. Justice, tout court, pour les négro-africains déportés lors des événements de 89 et ceux qui ont souffert des années de braise dans le cadre de l’épuration du passif humanitaire du régime déchu. Justice pour tous dans la perspective d’une application stricte de la loi visant à punir et éduquer tous ceux qui ont usé de leurs charges publiques pour s’enrichir et abuser les citoyens.

La demande de justice est forte et les autorités nationales ne peuvent continuer à l’ignorer sans courir le risque d’accroître les frustrations et donc le désenchantement d’une partie importante de la population qui attend des actes forts sonnant la fin de l’impunité. Il va falloir, cependant, accepter une échelle des priorités dans le sens ou les demandes ne peuvent être satisfaites en même temps et surtout éviter les surenchères sectaristes pour ne pas dériver dans un populisme porteur de beaucoup de dangers pour la stabilité du pays et de ses institutions.

La dictature en Mauritanie a affaiblit l’Etat en le vidant progressivement de sa substance pour ne plus être qu’un ensemble de passe droits et de rentes au profit de groupes et d’individus qui très souvent tirent la légitimité de leur situation d’une prétendue représentativité d’un segment de la population. Le mérite professionnel, à la base de toute bureaucratie d’Etat digne de ce nom a été supplanté par un système informel de dosages ethniques et tribaux dont les règles sont restées méconnues pour l’observateur le plus averti qui a fini par aliéner les compétences et mécontenter tout le monde. Cette philosophie devenue au fil du temps une culture de gouvernement sera difficile à éradiquer et risque de trouver une légitimité populaire en l’absence d’un leadership national de qualité, conscient des intérêts supérieurs de la Nation et capable de modérer et de contenir les revendications sectaristes dans les limites que dicte l’urgence et la nécessité de créer un Etat républicain moderne, le seul en mesure de préserver l’unité nationale et symboliser la communauté du destin.

Je ne voudrais pas d’une république des communautés ou chaque groupe ethnique, régional ou tribal aura pour priorité de pousser son propre agenda le plus souvent sans grande considération pour les aspirations des citoyens individus qui le composent et les intérêts supérieurs de la Nation. Le processus démocratique qui vient de s’enclencher ne réussira que dans la mesure où il permettra l’affermissement de l’Etat républicain, au sens jacobin du terme, centré sur les droits et devoirs du citoyen. Un Etat fort et juste, supporté par une bureaucratie du mérite et composé d’institutions efficaces et efficientes qui font de l’écoute et du service du citoyen usager leur raison d’être.

J’aurai aimé que les autorités de transition initient une action volontaire d’envergure de nature à insuffler un esprit nouveau fort pouvant entraîner le prochain gouvernement dans une entreprise irréversible de modernisation et de renforcement de l’Etat. Pour des raisons que j’ignore, liées certainement à la courte durée de leur mandat et peut être aussi aux multiples résistances du système, elles ont opté pour le statu quo, retardant des reformes structurelles que seul un gouvernement fort peut concevoir et mettre en œuvre.

J’ose espérer que nos hommes politiques pourront dépasser leurs intérêts partisans pour créer une bureaucratie d’Etat selon l’unique critère du mérite, la seule en mesure d’assurer sur le long terme la défense de l’intérêt général. Cette bureaucratie ne peut se créer sur les vestiges des structures administratives héritées de l’ancien régime. Il va falloir innover et penser à la possibilité de commencer de zéro, profitant du coût relativement bas des personnels de la Fonction Publique.

Je crois qu’il est tout a fait possible, pour un temps, d’avoir en parallèle deux Fonctions Publiques. L’actuelle bâtie sur des critères de népotismes, de laxisme et de laisser faire, avec une productivité du travail voisine de zéro, des salaires bas et une faible qualité de service. Son extinction sera programmée. Ses agents seront encouragés à se redéployer sur des emplois plus productifs et plus incitatifs soit dans le secteur privé ou pour les plus capables dans une nouvelle Fonction Publique. Cette dernière basée sur des normes modernes de performances, ou les recrutements et les promotions répondent à des besoins bien identifiés et se font suivant des règles qui garantissent une compétition saine entre les candidats selon le seul critère du mérite. La productivité y sera optimale et les salaires élevés. Ses emplois seront pourvus par la seule voie du concours national ouverts a tous les mauritaniens qu’ils soient fonctionnaires ou non.

Cette approche de reforme s’appuie sur le constat établi que de larges pans de la présente administration sont peu fonctionnels et dépourvus de capital d’expérience qui justifierait leur maintien. Beaucoup de ses agents ont peu ou pas de qualifications qui leur permettraient de s’insérer positivement dans une administration de développement. D’autre part, il ne sera pas possible de réaliser l’indispensable augmentation des salaires des agents publics sans contrepartie en terme de productivité, ie suppression, redéploiement, et formation des personnels. Enfin, il parait indispensable d’ouvrir la fonction publique à tous les mauritaniens pour éviter de donner une prime au népotisme, laxisme et laissez faire qui a caractérisé la gestion des ressources humaines de l’Etat ces dernières années.

Je comprends la difficulté de la mise en oeuvre d’un tel schéma de reforme compte tenu du peu d'expérience qu’ont nos administrations dans la conduite des changements en profondeur mais c’est à mon avis la seule voie susceptible de réconcilier les mauritaniens avec leur Etat et de créer les conditions d’un développement durable des capacités de conception, d’exécution et d’évaluation des politiques publiques nationales.

Je crois, cependant, qu’il s’agit d’une stratégie ambitieuse mais réaliste qui n’exige comme préalable que la volonté du décideur national et la création de structures capables d’inscrire cette volonté dans la durée. Je pense en particulier à la création d’une haute autorité indépendante de la Fonction Publique qui aura la charge de piloter les reformes de la Fonction Publique suivant une approche technique et professionnelle loin de l’improvisation et des considérations partisanes. Elle sera composée d’experts et d’hommes d’expérience de haut niveau capable de faire preuve d’indépendance et de justes jugements.

Le processus de transformation de notre Fonction Publique doit être au cœur de l’entreprise de modernisation nationale. Il est trop important pour être laissé aux politiques pour paraphraser un homme politique anglais qui avait dit que « la guerre est trop importante pour être laissé aux militaires ». Les acteurs de la société civile et les personnalités indépendantes devraient faire preuve de plus d’intérêts pour la question et se mobiliser pour avancer cet agenda.

Commencer a en finir avec l'impunite

Notre pays a connu pendant le mois béni de Ramadan des journéeshistoriques ou une aspiration longtemps exprimée s'est finalementconcrétisée. Un cadre de dialogue et de concertation très ouvertrendu crédible par l'implication directe, visible et effective duChef de l'Etat. C'est une rupture nette avec la conception et lesschémas de dialogue développés sous le régime déchu ou l'ancien Chefde l'Etat regardait du haut de son piédestal ses courtisans etlaudateurs exposer toute leur arrogance et leur indécence à uneopposition faible et désunie mais néanmoins désireuse jusqu'au boutde ne pas saboter l'avenir. Il doit le regretter maintenant de sonexil doré dans le royaume de Qatar.Une page sombre de notre histoire est ainsi tournée mais il vafalloir travailler dur pour éviter un sursaut des démonsresponsables de nos misères individuelles et collectives :l'impunité, l'injustice et l'absence d'équité. La transition n'estqu'une étape d'un processus long et non linéaire pour parachever lamodernisation des institutions politiques, économiques, sociales etculturelles et faire du mauritanien un citoyen éduquée et productifayant un accès large aux sources du savoir et de la richesse. Il nefaut surtout pas la surcharger pour éviter l'enlisement dans desquestions complexes peu consensuelles et lui permettre de seconcentrer sur l'essentiel à savoir l'assainissement de l'Etat et laremise du pouvoir à des autorités nationales librement choisies demanière transparentes selon des règles consensuelles élaborées enconcertation avec tous les acteurs de la scène politique.Cependant, nul ne peut ni ne doit ignorer la soif de justice de lamajorité du peuple, notamment tous ceux nombreux victimes ou non quicroient qu'il n'est pas juste, ni dans l'intérêt stratégique denotre pays de simplement passer l'éponge sur les responsabilités del'ancien régime concernant les atteintes graves au droit de lapersonne humaine et les abus de gestion à grande échelle ou depasser toute l'ardoise à un Gouvernement, ayant certes la légitimitédes urnes, mais ne disposant probablement pas du même consensus dontjouit actuellement les autorités de transition, ni de la même forcede caractère. Le Gouvernement de Sidi Mohamed Ould Boubacar doitprendre sa part de responsabilité et alléger le lourd fardeau héritéde vingt ans d'abus et d'impunité.Il est opportun comme je crois le Ministre de la Justice l'a faitentendre que les tribunaux puissent examiner les plaintes descitoyens relatives aux cas de tortures et autres atteintes auxdroits de la personne humaine dans un esprit de justice loin dessurenchères et des règlements de comptes. Il faudrait aussi quel'Etat rétablisse dans leur droits tous les citoyens qui ont été unmoment ou un autre victimes de discrimination liées à leurappartenance ethnique, à leur statut social ou à leur engagementpolitique. En particulier, l'exclusion dont ont souffert les cadresde l'opposition doit enfin prendre fin.Mais c'est au niveau des finances publiques que le mal estsystémique et ses ravages endémiques. Le pays est au bord du gouffreet il n'est pas exagéré de parler de banqueroute pour qualifier lasituation financière de l'Etat. On se demande en effet comment lesautorités de transition pourront répondre aux larges et diversesattentes des populations (déflation ou au moins stabilisation desprix, désendettement, amélioration du pouvoir d'achat des salaries,notamment les fonctionnaires, Investissement en productivité et dansles infrastructures, amélioration de l'éducation et de la santé,modernisation des forces armées, etc..) avec les maigres ressourcesde la fiscalité et une capacité d'endettement limitée par lesengagements ultérieurs.Le collectif budgétaire n'adresse pas, à mon avis, ces questions defond et ne constitue pas une rupture substantielle avec le passé. Ilse limite à un aménagement formel permettant surtout de régulariserdes dépenses extrabudgétaires illégales, dont devrait être comptablele Trésorier payeur général de l'Etat. Ce dernier est, il faut lerappeler pécuniairement responsable de toutes les irrégularités decaisse, notamment des payements de dépenses faites hors des règlesstrictes de la comptabilité publique.Il est malheureusement fort probable qu'in fine l'Etat se retrouveraavec un déficit budgétaire de plus de 70 milliards d'UM pour l'année2005 dans la mesure où on se demande par quel miraclel'administration des Finances va augmenter les recettes publiques de20% en quatre mois, un essor sensible de la productivité des agentsdu fisc dont les causes ne sont pas clairement expliquées.La dette intérieure risque alors de doubler pour la simple raisonque le Gouvernement ne fera pas, comme son prédécesseur, appel à laplanche a billet pour financer son déficit si il persiste dans savolonté de maîtriser les prix. La planche à billet est, il faut lerappeler, un mécanisme désuet par lequel le Gouvernement finance ledéficit budgétaire par l'institut d'émission de la monnaie. Ilsuppose une subordination de fait de la Banque Centrale au Trésor,incompatible avec tout effort sérieux de modernisation desinstruments de gestion de gestion de l'économie. C'est un mécanismeinapproprié et peu recommandable pour son impact direct surl'augmentation du niveau général des prix. C'est en quelque sorteune manière de financer les déficits publics par le consommateur etl'épargnant sans leur demander leur avis. C'est, enfin, unindicateur de l'absence de rigueur dans la gestion de l'économie peuaccepté par nos bailleurs de fonds. D'où les tactiques demaquillages devenues la spécialité de l'ancienne administration desFinances qui ont valu à notre pays le blâme et la mise en demeure duFMI l'année dernière(http://www.imf.org/external/np/sec/pn/2005/pn0571.htm).Le doublement de la dette et la probabilité que les grandséquilibres macroéconomiques continueront à se dégrader- ce ne sontvraisemblablement pas les premières retombées de l'exploitationpétrolière qui renverseront la tendance en 2006/2007- devraientpousser le Gouvernement de transition à une meilleure information dupublic sur les contraintes qui pèsent sur son action du fait del'étendue des dégâts hérités du régime déchu. Il y va de sacrédibilité et surtout du soutien des populations qui ne peuventcontinuer à souffrir en silence en l'absence d'une vision claire deleur présent et de leur avenir proche et lointain. Surtout qu'aumême moment, les responsables de leur misère affichent une opulenceinsolente et ne semblent pas regretter le mal qu'ils ont infligé àcette nation.Le Gouvernement de transition ne peut faire l'économie d'un effortsérieux visant à faire la lumière sur les mécanismes qui ont permisà ceux qui nous gouvernaient et à leurs intendants, en connivenceavec une bourgeoisie affairiste, d'amasser des richessesconsidérables sur le dos de la collectivité. Il devrait aussiexpliquer pourquoi l'Etat parait incapable et même peu intéressé parle recouvrement ne serait ce qu'une partie de ses biens détournéspour satisfaire une part de ses besoins de financement. Ce ne sontpourtant pas les preuves ni l'invisibilité du patrimoine descoupables qui manquent.L'Inspection Générale d'Etat, nouvellement créée, pourrait secharger de cette mission et entreprendre un travail d'investigationen profondeur des dépenses, des décaissements, des cessionsd'actifs, et des marches publics pour évaluer le montant global desdétournements et identifier la liste des intervenants. Les personnesincriminées devront répondre de leurs actes suivant une démarchejuste et progressive, à valeur d'exemple, pour en finir à jamaisavec l'impunité.

De la non reconnaissance du PCD

Des dernières déclarations du Chef d'Etat au cours de sa premièresortie médiatique, à plusieurs titres historique, il était clair queles autorités de transition s'acheminent vers une non reconnaissancedu Parti de la Convergence Démocratique (PCD) sous le prétexte deson identification avec le courant « islamiste » et sa probableutilisation de l'Islam à des fins électoralistes et/ou partisanes.La décision des autorités de transition confirmée depuis lors parles services du Ministère de l'Intérieur procède sûrement d'unevolonté de ne pas trop se singulariser dans un environnementinternational marqué par « la guerre contre le terrorisme » et soncorollaire la suspicion des puissants de ce monde a l'égard de toutce qui islamique.Autrement, il n'y a rien, à ma connaissance, d'explicit dans laconstitution concernant l'interdiction des partis religieux, afortiori de ceux qui se réclament simplement d'une mouvanceislamique suffisamment élastique pour contenir un spectre assezlarge du paysage politique national. La loi par contre est plusexplicite et ne donne pas de voie au chapitre aux organisationspolitiques qui s'arrogent le droit exclusif de s'exprimer au nom del'Islam et même dans ce cas de figure, les dirigeants du PCD sedéfendent d'une quelconque exclusivité islamique et crient à quiveut l'entendre que leur parti n'est pas religieux ni islamique dansle sens de la lettre et de l'esprit de la loi.Il est quelque peu regrettable qu'en cette période d'enthousiasme etd'excitation démocratiques, des mauritaniens se sentent déjà exclusd'un jeu aux règles duquel ils déclarent adhérer avec conviction. Jene suis pas sur qu'il s'agit la d'une bonne décision, ni d'un choixstratégique tenable sur le long terme.La Mauritanie est une République Islamique et je ne crois pas queles pères fondateurs de notre jeune nation ont choisi ce dernierqualificatif par hasard ou par un quelconque désir d'exotisme maispar une vision ambitieuse de ce que doit être notre mission et notrepersonnalité dans le concert des nations. Mais cette vision n'ajamais été clarifiée a un point ou elle ne prête plus a confusion.Pour l'élite, c'est le terme république qui importe en référence acette modernité incoutournable, le moyen et la fin du développementrecherché. Pour le peuple, c'est l'attribut islamique qui mobilise,excite et donne un sens à l'organisation communautaire. Il n'y ajamais eu de débat entre le peuple et son élite sur ces questionsfondamentales à la base de tout développement durable centré sur lecitoyen et son bien être. Il n'y a jamais eu de débat parce que ladémocratie est restée une affaire d'élite centrée sur le partage desressources et non sur le peuple et le développement de ses capacitésde création et d'imagination. D'où cette dichotomie entre une éliteéduquée, aisée, émancipée, s'exprimant à l'aise dans les languesétrangères et tirant tous les bénéfices de la modernisation et despopulations pauvres, mal et sous éduquées, s'exprimant parfois enarabe et plus dans les dialectes locaux, en proie a la maladie et àla souffrance et peu et/ou mal connectées au reste du monde.Dans ce contexte, la revendication islamique est populaire et peutmême à certains égard représenter des dérives populistes mais ellene peut être ignorée, combattue et exclue du champ politique sansaccentuer la rupture entre l'Etat et des segments importants de lapopulation avec les risques de déstabilisation et de perte d'énergieque cela fait courir a la Nation.D'autre part, il va bien falloir expliquer à nous même et au restedu monde ce que notre république a vraiment de spécifique pour secoller l'étiquette islamique. Qui mieux qu'un débat franc et ouvertpermettra d'élucider cette énigme et d'éviter les non-dits et lesincomprehentions, a l'origine des méfiances et des conflits. Cedébat riche et varié a en outre une dimension universelle dépassantde loin les contours de notre jeune nation pour répondre à uneexigence de mieux en mieux exprimée d'adapter la modernité à l'Islamou l'inverse selon qu'on se trouve d'un cote ou de l'autre de laligne de démarcation entre ces deux concepts.Nous ne pouvons faire l'économie d'un tel débat sans perdre unechance de contribuer positivement au dialogue des civilisations,perçu de plus en plus comme le dernier rempart a un conflitplanétaire destructeur pour l'être humain. Nous avons la chance devivre dans un pays ou la violence religieuse n'a pas de racinehistorique depuis que les descendants des « moines guerriers »almoravides ont adopté un islam soufi plus tourné vers la perfectionde l'âme que de l'application coûte que coûte de la Charia. Nousdevons utiliser cette chance pour offrir a nous même et au reste dumonde plus qu'un mimétisme de ce qui se passe autour de nous etpromouvoir et afficher notre identité islamique enrichie des apportsde la technologie, de la science et des autres cultures etcivilisations avec lesquelles nous sommes en contact.Apres tout les Chrétiens démocrates viennent d'accéder a lachancellerie allemande, et il n'est un secret pour personne que leplus puissant pays du monde est dirigé par un Président qui prétendcommuniquer avec Dieu et un Parti Républicain largement dominé parun courant néo-conservateur à forte connotation religieuse. L'«entité sioniste », désormais fréquentable donne l'exemple d'unedémocratie participative, au moins pour les juifs, ou les partissionistes laïcs coexistent et gouvernent avec des partis religieuxsans que personne ne trouve a y dire. L'Inde a connu ses plusspectaculaires bonds technologiques sous un gouvernement dirigé pardes religieux hindous. La Palestine et l'Irak, sous occupation,expérimente dans la douleur des processus démocratiques inclusifs oul'identité islamique est loin d'être refoulée. Plus près de nous, leMaroc et l'Algérie ont, chacun à sa manière, permis à des partis «islamistes » de voir le jour.Depuis que les puissants de ce monde sont directement menacés par leterrorisme islamique, un effort sérieux est entrepris pour expliquerce phénomène, la première étape pour son éradication. L'idée du lienorganique entre le terrorisme et l'exclusion politique et économiqueest désormais largement établie. En Occident, des voix de plus enplus audibles provenant non seulement des milieux périphériquestraditionnellement sensibles au problèmes du tiers-monde mais dessphères du pouvoir s'élèvent pour demander une grande ouverturedémocratique dans les pays musulmans, comme moyen de créer desalternatives crédibles pour détourner la jeunesse musulmane desappels « jihadistes ». Ce débat à l'échelle mondiale nous concerneet il n'est pas inopportun de prendre les devants de la scène.Nous devons aller plus loin que nos voisins du Nord et permettre atous les mauritaniens quelques soient leurs opinions de participer àl'élaboration et à la mise en œuvre de notre projet national. Iln'en sera que plus riche et notre adhésion n'en sera que plusrenforcée.Je ne sous-estime pas le risque de cette manière de procéder surtouten terme de sabotage intérieur et de méfiance de certains de nospartenaires étrangers mais « à vaincre sans péril, on triomphe sansgloire ». Nos devons vaincre nos peurs et se serrer les mains pourréussir cette aventure excitante et dangereuse de construction d'unenouvelle nation mauritanienne, par tous et pour tous.

La suppression du Senat

L'une des causes principales de l'échec du processus démocratiqueinitiée par le Chef d'Etat déchu est le peu de place accordée auconsensus et au dialogue entre les différents protagonistes de lascène politique et sociale dans la prise de décision. Le résultatest l'enracinement d'une culture de méfiance et de repli qui si onen prend pas garde peut significativement réduire la vitalité denotre démocratie naissante.Les autorités de transition ont lancée des chantiers importants etaffichent une volonté claire de se concerter avec les partispolitiques et la société civile. Il est prévu que les commissionsinterministérielles déposent leurs rapports dans quelques jours etengagent des pourparlers avec les partis politiques. Mais, à maconnaissance, seuls le FP et l'UDP ont jusqu'à présent émis desidées concernant le processus électoral et les institutionsrépublicaines. Comme si la qualité des amendements constitutionnelsen vue était sans intérêt. Il y a de quoi s'inquiéter.L'un des reproches majeurs a la constitution de Juillet 1991 estqu'elle a été écrite dans le bureaux fermées de la Présidence parles conseilles juridiques d'un pouvoir militaire d'exception sansque le peuple a travers ses portes paroles n'ait son mot a dire.Elle a alors manquée d'innovation – ces rédacteurs ont a la virguleprès, j'exagère un peu copié la constitution de la cinquièmerépublique française – mais a finalement été adoptée par défaut, uneconstitution même imparfaite vaut mieux que rien. Aujourd'hui, ledébat est permis mais les débateurs s'abstiennent ratant l'occasiond'enrichir un document qui mérite de l'être sur plusieurs points.L'opinion publique est en droit d'attendre des partis politiques despropositions détaillées et constructives et qu'ils participentactivement a l'élaboration des amendements constitutionnels en vue.Le Président du Front populaire a suggéré la suppression du Sénat,l'augmentation du nombre de députés et la proportionnelle intégralecomme mode de scrutin avec la wilaya comme circonscriptionélectorale. La suppression du Sénat permettra de se débarrasserd'une institution coûteuse sans réel interet, dont la création audépart ne se justifie que par une tendance non contenue desrédacteurs de la constitution au plagia. En France, le Sénatreprésente la tradition, les mairies, des collectivités locales aunombre de 36 000, certaines sans habitants, plus vielles que l'Etatet le vestige d'un passée auquel la République Française est trèsattachée. Le General De gaulle a pense le supprimer mais c'étaitsous-estimer le poids de l'histoire dans une des plus viellesnations d'Europe. Il en a fait une chambre haute dont les pouvoirsse limitent a contenir les visées progressistes d'une assembléenationale souveraine détentrice en dernier recours du pouvoirlégislatif. Dans notre pays, la transposition réelle du Sénat auraitsignifiée que son collège électoral soit, non pas les élusmunicipaux, une création récente sans lien avec la tradition, maisplutôt les chefs des tribus maures et villages négro-africains,élargis eventuelleemnt a la caste des forgerons et des grillots.J'espère qu'on est aujourd'hui loin de ce schéma.La proportion intégrale comme mode de scrutin et la wilaya commecirconscription électorale sont aussi des propositions intéressantessi des garde-fous sont imaginés pour éviter les tendances aux partisrégionaux et la dictature des petits partis avec les risques dedéstabilisation gouvernementales que cela peut générer. Un exemplede garde fous est la proposition de l'UDP d'instituer une barrer endessous de laquelle un parti politique ne peut être représentes al'Assemblée Nationale. Cette barre pourrait être établie par région,par exemple, un parti politique devrait réaliser au minimum 5% desvotants dans chaque région pour être représentes a assembléenationale. Les Partis seraient alors encourages a couvrir toutes lesrégions et a faire des listes communes pour ne pas être pénalises.Je serai curieux de savoir pourquoi le Président du Front Populairea demandée la suppression du Sénat et pas le Conseil constitutionnelet le conseil islamique, deux institutions qui a ma connaissancen'ont été pas été saisies d'aucune affaire durant les presque quinzeans de leur existence. Ne serait il pas possible de transférer lesprérogatives du Conseil constitutionnel a la Cour suprême etd'imaginer une sorte de Mufti de la République, un organeindépendant de l'Etat qui permettraient aux érudits de ce pays defaire connaître leurs opinions sur les questions qui se posent a laNation dans un esprit de dialogue et d'échanges constructifs.Pour ce qui est de l'augmentation du nombre de Députés, son intérêtréside seulement dans une simplification des calculs. Cent députésest un bon nombre dans le sens ou il permet de faciliter lescalculs. Un député représentera 1% de l'électorat.

Felicitations a Youssouf

Toutes mes félicitations a Youssouf Ould Abdeljellil et mesmeilleurs vœux de succès dans sa nouvelle mission presque impossiblede redresser une entreprise qui, le moins qu'on puisse dire, n'estplus ce qu'elle était au temps ou elle aspirait les meilleurs cadresde ce pays et créait la plus grande part de la richesse nationale.Ces dernières années, la démission de nombreux de ses plus valeureuxcadres et les rumeurs persistantes de corruption et de laisser alleront largement entamé l'image de sérieux et de professionnalisme quecette d'une entreprise a réussi a construire au fil des ans.Mr. Youssouf Ould Abdel Jellil, pour ceux qui ne le connaissent pas,est diplômé d'une des plus prestigieuses écoles de mangement auxEtats-Unis. Il était jusqu'à sa recente nomination, un hautfonctionnaire des Nations Unis. Major de sa promotion auBaccalauréat, il est revenu travailler comme fonctionnaire après lafin de ses études universitaires. Il a, et c'est à tout son honneur,démissionné du Ministère du Plan dans le milieu des années 90, aprèsavoir, je l'imagine, enduré toutes les frustrations possibles etimaginables. Il est allé exercer ses talents de gestionnaire dans lesecteur privée au profit des entreprises Bouamatou, ce qui ne faitque grandir ce dernier aux yeux de ceux qui s'intéressent audéveloppement de la ressource humaine nationale.Je suis surpris que certains trouvent à dire sur sa nomination maisje le mets sur le compte de l'ignorance.La nomination de Youssouf à la tête de la SNIM est une preuve deplus du souci des autorités de transition de mettre l'homme qu'ilfaut à la place qu'il faut. J'espère qu'il sera à la hauteur de laconfiance qui lui a été accordé et lui souhaite beaucoup de réussite.

L'Inspection Generale d'Etat

Les autorités de transition ont crée une inspection Générale del'Etat dans le cadre de leurs efforts d'assainissement des financespubliques. Une initiative louable qui dénote d'une volonté d'endécoudre avec tous ceux qui ne respectent pas les procédures enmatière de gestion et d'administration des fonds publics. Lanomination à la tête de cette institution d'un haut fonctionnaireconnu pour son intégrité confirme le sérieux de l'initiative.Il y a lieu, cependant, de se demander comment cette nouvellestructure va s'intégrer au dispositif institutionnel existent. Jecrois savoir que la dépense publique subit une cascade devérifications (comptables liquidateurs placés auprès de chaqueMinistère, le contrôle financier, les services du Budget, lesservices du trésor) avant qu'elle ne soit payée et que lescomptables payeurs de la Directeur du Trésor sont contrôlés, à leurtour, à la fois par l'inspection des Finances et la Cour desComptes. A cela s'ajoute les différents contrôles administratifs desinspecteurs généraux et contrôleurs administratifs nommés danschaque département ministériels.Quelles sont donc les attributions de la nouvelle structure nonprises en charge, au moins formellement, par le dispositifinstitutionnel qui lui est antérieur? Elles ne sautent pas aux yeuxet probablement il y a des doubles emplois qui devraient êtrecorrigés pour éviter un surcoût inutile.Si la multiplicité des contrôles était un gage d'efficacité, nousserions probablement le pays ou le patrimoine de l'Etat est le mieuxprotégé. Mais il n'en est pas ainsi. Au contraire tout contrôleadditionnel non nécessaire est un gâchis de ressources et unedistraction de l'essentiel qui affecte négativement le dispositif deprotection des deniers publics.Aussi, la tendance devrait être plutôt à l'allégement notamment parla suppression des structures dont l'inopportunité est largementétablie comme le contrôle financier et les contrôleursadministratifs et celles devenues inutiles comme l'InspectionGénérale des Finances. L'Inspection Generale d'Etat pourrait alorshériter des moyens de ces structures et ainsi renforcer sescapacités pour être a même de remplir les missions importantes quilui sont assignées.Il restera cependant une contrainte de taille, le nombrerelativement limité des fonctionnaires disposant des qualificationstechniques nécessaires a l'exercice d'un contrôle rigoureux selonles règles de l'art. Le Ministère des Finances, vivier naturel etpourvoyeurs traditionnel de cette de hauts fonctionnaires a depuislongtemps négligé la formation de ses cadres et laissé se détériorerl'image de marque des institutions de contrôles. Celles-ci ontbeaucoup perdues de leur prestige et sont devenues au fil du tempsun garage pour les victimes des disgrâces et/ou le lieu d'attentedes aspirants aux nominations.Leur réhabilitation n'est pas une mince affaire et on ne peut quesouhaiter bonne chance et beaucoup de réussite aux autorités detransition.

Elements de reflexion pour une Mauritanie nouvelle

Cet article a ete publie en Septembre 2005 http://fr.groups.yahoo.com/group/ForumDiaspora/message/9402

Notre pays vit un moment historique. C'est la première fois depuisson indépendance qu'une opportunité sérieuse est offerte à sescitoyens de choisir librement ceux qui auront la responsabilité deprésider à ses destinées. C'est l'occasion d'éclater sa joie et dese donner des airs d'optimisme et surtout d'exprimer toute lagratitude de la Nation aux Forces Armées Nationales et de sécurité,a travers le Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie,pour avoir sorti le pays d'un blocage institutionnel générateur d'unchaos prévisible et promis d'ouvrir le jeu politique a tous lesmauritaniens dans un esprit d'équité et de transparence.Cependant, la gratitude n'est pas la multiplication desmanifestations ou chacun essaye de se faire voir, à la manière PRDS,comme le meilleur soutien et le plus prompt à suivre lesorientations de « la direction nationale ». Cette façon d'agir n'estpas en phase avec l'aspiration démocratique ou tout soutien estprincipiel, mesurée et réfléchi. D'ailleurs les medias nationauxdevront vite se mettre à la page et offrir mieux que l'existent, desprogrammes riches ou les intellectuels et hommes politiquesdiscutent et débattent des questions nationales. J'espère que c'estla le sens des nouvelles nominations a la tête de RM et l'AMI.La gratitude n'est pas aussi une certaine tendance des acteurs de lascène politique et sociale à donner carte blanche aux nouvellesautorités et d'applaudir tout ce qui vient d'en haut dans l'espoirde se faire copter et de bénéficier des largesses de la transition.Nous devrons être vigilants et élever le niveau de la demande.Autrement, le risque est grand de voir ceux qui hier malmenait lesaffaires publiques peser sur la transition et insuffler une bonnedose de corruption et de malversations dans le processusdémocratique en cours. J'ai bien peur que le souci de ne pas fairede vagues se concrétise sur le terrain par le maintien voire lapromotion de tous ceux qui ont participé activement à laconstruction et au développement du « régime déchu ».La gratitude est, a mon avis, l'engagement de toutes les forcespolitiques à faire de l'Armée Nationale une institution républicaineefficace et responsable, dotée des moyens humains et matérielsnécessaires a l'accomplissement de sa mission générale et permanentede protection de l'intégrité territoriale et de maintien de l'ordrerépublicain. La grande muette n'a pas été épargnée par les maux quiont gangrené les institutions civiles et son organisation a besoind'un sérieux lifting afin de faire du soldat un citoyen courageux,brave et honnête sur lequel la Nation peut compter dans les momentsdifficiles. Cela ne peut se faire sans une restructuration profondedécoulant de choix stratégiques bien étudiés en rupture nette avecles pratiques classiques d'infiltration et d'instrumentalisation decette institution pour des visées sectaristes et/ou de prise depouvoir. L'Armée Nationale pourrait ainsi devenir un exempled'intégration des communautés, de « méritocratie », de promotion desaptitudes physiques et mentales et de valorisation du savoir et dela compétence. Elle peut alors créer un effet d'entraînement quiprofitera aux autres institutions de la république.Mais l'Armée Nationale, aussi efficace et aussi responsable soitelle, ne peut se confondre avec l'Etat, ni être « le détenteur endernier recours de la légitimité nationale » et l'intervenantattitrée pour la résolution des crises. Elle partage les ressourcespubliques et l'honneur de servir la Nation avec des institutionsciviles dont l'importance est primordiale pour la construction d'unEtat de droit, respectueux des libertés et pourvoyeur de bien-être.Il n'y a pas de Démocratie sans Partis politiques crédibles etreprésentatifsEn démocratie, les associations politiques jouent en rôle de premierplan dans la mesure ou c'est à travers elles que les citoyensdésignent ceux qui sont en charge des affaires de la cité et de lanation. De leur crédibilité et représentativité dépend la vitalitéde la vie politique et la qualité du leadership national et local.Il va falloir réfléchir sur les moyens de desserrer la contraintefinancière qui pèsent sur le développement des partis politiquesdans notre pays. Il est largement admis que l'Etat devra mettre lamain dans la poche et je dirai massivement pour éviter que lapolitique ne soit une question de sous. Les contributions privéespour les financements des partis politiques doivent être l'exceptionet non la règle et être plafonnées tant au niveau de leur montantindividuels que celui global. Ce dernier pour un parti politiquedonnée ne doit pas dépasser la contribution publique.En contrepartie de l'appui financier de la collectivité nationale,les Partis politiques doivent s'engager volontairement à adopter desméthodes transparentes de gestion des fonds et être assujettis aucontrôle de la cour des comptes et de l'inspection des finances. Dessanctions sont à prévoir pour ceux qui enfreignent les règlesprescrites. Les Budgets des campagnes électorales devront êtreplafonnées.La nature ayant horreur du vide, la générosité de l'Etat est seuleen mesure d'éviter à notre pays la corruption de la sphère politiqueet ses incidences négatives sur la gouvernance nationale. Dotée demoyens conséquents, les partis politiques devront constituer devéritables administrations non gouvernementales qui prennent encharge non seulement les activités liées à la politique mais aussiinnover en étendant leur domaine d'action à la culture, à l'économieet au social pour répondre en partie aux besoins socio-économiqueset culturels des populations. Je pense en particulier àl'alphabétisation, les colonies de vacances, l'assistance scolaire…etc.Le régime déchu a voulu d'une démocratie sur mesure où un seul partipolitique, à l'exclusion de presque tous les autres, bénéficie delargesses illimitées de l'Etat sans qu'il ne soit comptable enaucune manière de voies de leur utilisation. Il en a résulté unecorruption généralisée de l'encadrement national et la quasi-inexistence d'entités politiques dignes de ce nom capabled'accompagner et de soutenir la transition actuelle.Pour s'en apercevoir, il n'y a qu'à écouter les commentaires etdiscussions relatives à la transition et son Gouvernement, auxperspectives politiques et a la recomposition du paysage politique.Vous découvrirez que la grille de lecture de la majeure partie descadres politiques reste profondément marquée par le dosage tribal etque nombreux parmi eux croient peu aux promesses de transparence etde neutralité de l'Etat. Beaucoup continuent à penser haut et peutêtre espérer que le CMJD finira par avoir ses candidats et quecelui, comme le PRDS, qui réussira a mettre dans le même paquet lesChefs de tribu et les hommes d'affaires sera imbattables par lesurnes. Les élections même libres et transparentes ne sont perçuesque comme moyen d'être rétabli dans son bon droit, a savoir avoir sapart du gâteau, ses passe droits et ses postes juteux.Séparer les fonctions politiques de leadership des fonctionstechniques de managementDurant « les vingt glorieuses », beaucoup d'individus ont accédé àde hautes fonctions publiques avec pour toute qualification unesupposée capacité de mobiliser des soutiens électoraux au profit del'ancien Chef de l'Etat. Ils ont usé et abusé des pouvoirsqu'offrent les charges étatiques au vu et au su de tout le mondesans qu'aucun mécanisme institutionnel ne vienne limiter ou mettrefin a des comportements, pourtant répréhensibles par la morale etcontraires a toute entreprise sérieuse de développement économiqueet social. Ils occupent, aujourd'hui, les hautes sphères de lahiérarchie administratives (Ambassadeurs et Directeurs Généraux) etcomptent bien y rester au grand dam de tous ceux qui aspirent à uneFonction Publique professionnelle ou seuls les critères de lacompétence et de l'intégrité déterminent les nominations, lespromotions et la carrière des fonctionnaires.Une certaine façon de faire la politique avait pris le dessus sur lecaractère technique et professionnel de la gestion des affairespubliques. Le processus de subordination de l'AdministrationPublique aux caprices du prince a fini par vider celle-ci de toutesubstance. Elle a en fait cessé d'exister en tant que service publicpour ne plus être qu'un ensemble de rémunérations, de passe-droitset de trafics d'influence.La transition hérite ainsi d'une situation peu enviable ou lesinstruments publics de formulation et de mise en œuvre despolitiques sont peu opérationnels. La qualité de la transitiondevrait en souffrir espérons a un degré qui ne met pas en danger lesobjectifs fixées par le CMJD. Il est urgent d'extirper « le mal »avant qu'il ne soit de nouveau entre les mains des hommes politiquesprompt par nature à la complaisance et soucieux avant toutd'éviter « les questions qui fâchent ». Il va falloir déterminerclairement par la loi et limiter au strict nécessaire les emploispublics pourvus à la discrétion du Gouvernement (les nominationspolitiques) et adopter des règles justes et transparentes pour lanomination aux emplois restants. Ce ne pourrait se faire de manièresefficace sans le développement, au sein de l'appareil d'Etat, d'uneexpertise réelle dans les domaines hautement spécialisés desstratégies et techniques d'organisation et de gestion des ressourceshumaines.Les autorités de transition ont un devoir moral d'assainirl'administration publique et jeter les bases d'une reforme enprofondeur de ses structures, d'une gestion moderne de sespersonnels et d'une simplification de ses procédures. C'est le prérequis aux indispensables gains de productivité nécessaires aufinancement, de l'amélioration très attendue, des salaires ettraitement des fonctionnaires et à une meilleure utilisation desprélèvements obligatoires devenue par les effets de lamondialisation un paramètre non négligeable de le compétitivitéd'une nation.Améliorer la qualité de la dépense publiqueIl ne semble pas raisonnable au regard de la faiblesse des salairesréels et du délabrement largement constaté des lieux administratifsde réduire la dépense publique. Par contre son amélioration s'imposepour corriger les déséquilibres flagrants tant horizontaux entre lesdifférentes administrations que verticaux entre les niveaux d'unmême département. Certaines administrations sont mieux loties qued'autres et le fonctionnaire de la base opérationnelle estgénéralement dépourvu de ressources.L'action entreprise par les pouvoirs publics pour inventorier leparc automobile de l'Etat et mettre fin à l'incroyable abus est unbon début si des mesures sont prises pour éviter que les véhiculesnon utilisées ne soient dépecés et/ou laissés en ruine dans legarage administratif. Une vente aux enchères suivant une procéduretransparente semble mieux appropriées.Mais il va falloir plus. Le Gouvernement devrait donner l'exemple endiminuant le nombre des portefeuilles ministériels. Non seulement,il n'aurait pas à se rabattre sur des profils douteux pour compléterla liste des ministres mais aussi et surtout il permettra uneéconomie substantielle immédiate. Je crois qu'il n'est pasdéraisonnable de penser qu'un pays peu peuplée et sous-administréecomme le notre peut se suffire d'une quinzaine de ministres. Dixministres en moins, c'est dix secrétaires Generaux et dix comptablesen moins. Je laisse le loisir au lecteur de ces lignes d'évaluer leséconomies générées par ce simple acte. Un exercice d'arithmétiquesans grandes difficultés.Un gouvernement réduit donnera un signal fort obligeant lesadministrations à faire de même, donnant ainsi le coup d'envoi a unecompression des structures administratives dont la proliférationconstatée ces dernières années est irrationnelle, coûteuse etgénératrice d'inefficacité. Un tel dégraissage permettra deséconomies substantielles dont le redéploiement sur d'autres postesde dépenses aura un effet positif sur l'utilisation des facteurs deproduction du service public.

Le dialogue est il irrecevable?

Cette article a ete publiee en Mai 2005 http://fr.groups.yahoo.com/group/ForumDiaspora/message/7981

J'ai lu dernièrement deux contributions émanant de deux de mescompatriotes dont les textes transpirent l'intelligence et la clartédes idées. Il s'agit de celle de Mr N'Gaide, « le dialogue estirrecevable » un intellectuel qui exprime, avec une plumetalentueuse, une frustration et une révolte légitime partagées parla majorité de ses compatriotes. Et celle du professeur Lo gourmo, «le dialogue avance a pas assurées » qui défend l'espoir, auquelaussi la plupart nos concitoyens veulent adhérer, de voir enfinétabli un canal de communication entre les protagonistes de la scènepolitique locale pour créer les conditions d'une meilleuregouvernance.Il y a là deux conceptions contradictoires qu'il va bien falloirconcilier au risque de voir la strategie de dialogue n'etre qu'unetentative de recomposition du paysage politique au profit decertains jusqu'ici exclus des largesses bu Makhzen. Il n'est pasimprobable que le Pouvoir tente ainsi de récupérer une partie del'opposition démocratique dans le combat sans merci qu'il livre à lamouvance islamique pour mieux vendre l'idée de la « lutte contre leterrorisme » ou le combat « du bien contre le mal » cher a GeorgesBush et compagnie. Dans ce cas, il s'agira d'une nième déception quine manquera pas d'avoir des conséquences fâcheuses sur le devenirnational. Aussi, ce genre de dialogue est irrecevable.La rhétorique radicale est avant tout le résultat d'une déceptionprofonde et d'une perte absolue de confiance dans les institutionsnationales. Elle n'est pas forcement le refus du dialogue et peutprocéder d'une volonté de placer la barre très haut pour espérer lemaximum de concessions. Elle peut parfaitement appartenir auxinstruments tactiques de la contestation pacifique et peut mêmeconstituer une sorte de thérapeutique sociale si ses auteurss'interdisent le mensonge, l'appel a la violence, le dénigrement etla diffamation. Son traitement n'est pas le discours mous évitant «les sujets qui fâchent » mais des actions concrètes et puissantes denature a rehausser la crédibilité de leurs auteurs aux yeux del'opinion publique nationale.Il n'y a rien de fondamentalement exclusif entre le dialogue et leradicalisme dans les idées. Ce qui importe le plus ce sont lesintentions, le sérieux et le pragmatisme des protagonistes.Le problème, à mon avis, se situe aujourd'hui à un autre niveau,celui du déséquilibre flagrant entre un Pouvoir dominant qui n'a decompte à rendre à personne, pas même le Bon Dieu, et une Oppositionlégale réduite a sa plus simple expression incapable de faire quoique ce soit pour alléger la peine de ceux qui souffrent des excès del'arbitraire et du non droit. Il est quelque peu triste que lelynchage médiatique et policier dont sont victimes certains imams etsimples croyants se déroulent sous nos yeux sans que cela ne susciteune réaction vigoureuse de la part des formations politiques.J'aurai aimée au moins que Lo Gourmo et ses amis demandentl'audience du Chef de L'Etat pour lui signifier le caractèreinacceptable des agissements policiers et leur impact sur « le moraldes troupes » engagées dans le processus de pacification etinforment l'opinion du résultat de leur démarche.La stratégie de dialogue n'a de sens que si ses tenants ont desérieuses raisons de croire que le Chef de l'Etat est sensible àleurs arguments et qu'il est disposé à introduire une dosesignificative de transparence dans la gestion des affairespubliques. Dans ce cas, une démarche graduelle, bien expliquée, peutse comprendre et ses effets concrets et palpables finiront parconvaincre les plus récalcitrants.Autrement, j'ai bien peur que nous pêchons dans le vide et que lepari de la raison ne tiendra pas face aux déchaînements des passionsavec tous les risques de dérapages que cela fait courir a lastabilité d'un notre pays.

Liberer les Ulemas et continuer le dialogue

Cette article a ete publie en Mai 2005 http://fr.groups.yahoo.com/group/ForumDiaspora/message/7803

Je ne peux que me réjouir du Forum qui a été organisé par le RDU etque nombre d'observateurs de la scène politique nationale, parmilesquels des sceptiques, ont décris comme « historique » dans lesens ou c'est la première fois depuis le commencement du processusdémocratique que des représentants des partis d'opposition et de lamajorité de rencontrent, discutent et publient un communiquéecommun. Il y a là un pas non négligeable que les esprits «positifs » devrait encourager et consolider pour créer une situationde non retour ou l'espoir est fondé de voir une réconciliationnationale jeter les bases d'un développement durable de la Nation etdu citoyen.Il reste beaucoup à faire. La tache est titanesque et le processuslong et ce n'est pas une seule rencontre qui viendra à bout desnombreux obstacles qui empêchent l'encadrement national de se mettred'accord sur les règles fondamentales du fonctionnement du processusdémocratique. Il va falloir continuer à discuter et les rumeurs dela tenue d'une prochaine réunion, cette fois-ci sous l'égide d'unparti politique se réclament de l'opposition sont encourageantes.Cependant, les promoteurs du dialogue et de la concorde nationaledoivent avoir en vue les attentes et les aspirations de l'opinionpublique et profiter du capital de sympathie dont jouissent leursinitiatives pour se lancer ouvertement dans une nouvelle dynamiquequi rompt clairement avec les pratiques héritées de la périoded'exception. Il s'agit par exemple de s'interdire les arrestationsarbitraires, le mauvais traitement des prisonniers, et l'usage de latorture. Le Pouvoir pourrait ainsi montrer des signes de bonnevolonté et prendre l'initiative. Il faut reconnaître en effet quel'opposition démocratique a répondu à l'appel et ce faisant ellejoue sa crédibilité par rapport aux mouvements radicaux qui militentpour la confrontation armée avec le pouvoir, à leur avis, la seulevoie de salut. Elle a besoin pour continuer à exister de montrer quele choix du dialogue est payant.Mais le Pouvoir décidemment hésite et sème la confusion. A vrai direrien ne le presse sinon la volonté qu'il aurait d'introduire dusérieux dans la gestion des affaires nationales. Il a pourtant toutà gagner dans ce processus de pacification et il serait dommage derater cette occasion historique de négocier un compromis national,une sorte de « new deal » qui introduirait plus de participationdans la prise de décision nationale et plus d'équité et de justicedans la création et la répartition de la richesse.Le Pouvoir hésite en refusant de prendre le devant et en s'abstenantde dévoiler clairement son intention à une opinion publique habituéea être désabusées par un encadrement national pour la plupartcorrompu et peu efficace. Il sape aussi la crédibilité du processuspar l'arrestation et l'emprisonnement des leaders de la mouvanceislamique auxquels s'identifie une partie non négligeable de lapopulation et dont la modération et l'esprit d'ouverture sontreconnus par la plupart de leurs partenaires politiques.Il est à craindre que certains veulent vider le dialogue de sasubstance et en faire une coquille vide comme ils l'ont fait pour lapolitique d'alphabétisation, la promotion de la lecture plus connuesous le nom d'El kittab, l'ajustement structurel et j'en passe. Ilserait alors un slogan chanté par les griots et les poètes devant unparterre de hauts fonctionnaires et de profiteurs de tout genre maisrien de plus.Notre pays ne peut faire l'économie d'un dialogue sérieux ou serontimpliqués tous les courant d'opinion et l'ensemble des acteurs de lascène politique nationale, y compris et peut être surtout ceux quise réclament de la mouvance islamique, compte tenue du faitlargement établi qu'ils forment l'ossature de l'opposition populairea un régime perçu comme laïciste et pro-occidental.Notre pays ne peut et ne doit denier a l'Islam sa dimensionpolitique et sociale qui sou tend le combat des « islamistes » nivouloir coûte que coûte contenir son interprétation dans l'écoleMalékite quelque soit par ailleurs son caractère prestigieux etenracinée dans la tradition mauritanienne et le respect et lavénération que tout musulman doit avoir pour l'Imam Malick ibnAnass. Ce que les spécialistes appellent l'islam politique oul'irruption de la religion dans la sphère politique etinstitutionnelle est une réalité incontournable dans l'espace arabo-islamique. Notre pays doit s'y adapter et ambitionner d'offrir unexemple de démocratie ou les principes républicains sont intégrés ànotre tradition islamique reconnue pour sa tolérance et son rejet dela violence.Il serait, par contre, contreproductif d'engager une guerre de 100ans pour éradiquer un phénomène si intrinsèquement lié à la sociétéet à l'histoire. D'autres pays ont tenté l'aventure, y ont engloutisdes ressources considérables et n'ont récolté que drames humains etéconomiques sans que le problème de fond ne soit résolu.La police politique doit impérativement arrêter le harassement desleaders d'opinion et inscrire son action dans la légalitéconstitutionnelle, sinon elle se mettrait en déphasage par rapportaux efforts entrepris pour donner un nouveau souffle à un processusdémocratique largement vidé de son contenu.

Let's welcome the Head of State

This article was published in April 2005 http://fr.groups.yahoo.com/group/ForumDiaspora/message/7502


It seems that the Nation head of State will visit the USA in the fewcoming months. The event is important and may open new opportunitiesfor our country.The President will talk with an administration engaged in a greateffort to spread freedom and democracy around the Arab World. Hewill, without doubt, hear speeches from people he respects about thenecessity of good and efficient governance. He might argue that thecountry is very fine compared with other members of the Arab-leaguebut, even thought there are reasons to believe him, the argumentwill not take. Most of the foreign and domestic observers havedifferent conclusions and support the need for the MauritanianGovernment to address national issues such as corruption and dueprocess.I am sure that the President will also be struck by the differencebetween the USA and Europe and how a Nation of immigrants who havenothing in common except a 200 years old constitution and the ruleof law became the most powerful and feared country on earth. He willbe in touch with national institutions, policy makers andimplementers, whose effectiveness constitutes the basis of theAmerican leading role in the World. There are no reasons to believethat the President will not be impacted and I bet he will.The tiny Mauritanian community in USA should help to make this visita success in a sense congruent with the present national climate ofdialogue. They should denounce the false campaign of identifying ourcountry with what is happening in Sudan. It's just not true. I knowthat those instigating and orchestrating this propaganda have, forthe most part, made their mind and already lost any hope in theability of the present national leadership to reform itself. That,of course, does not give them any excuses or rights to lie and/or toundermine the effort of those who are trying hardly and underenormous pressure to advance the cause of democracy in our country.Our Nation is in a critical situation but we should not loose thehope to see positive changes that will bring it back to the rightpath. We need to be realistic and get away as much as possible fromthe tendency to overlook those among the elite who are strugglinginside the country, in a harsh environment, to make this hope areality. They deserve our support and recognition.Having left the country, we did in a way give up to let other decidein our place. Our action will be as effective as our ability tosubordinate our effort to those who stayed inside the country. Theyknow more than us and therefore should decide better than we do theway to conduct business in the political and social arena. Theinverse will be a distraction.In this regard, Jemil Ould Mansour showed the right leadership byreturning to the country after an asylum trail in Belgium. He, I amsure, weighted the Pro's and the Con's and saw that he has much toloose by staying out of the combat field. The political activistsshould meditate his example.Jemil and all others leaders of the opposition parties are callingfor dialogue and a bi-partisan effort is made to bring peopletogether to find consensual solutions to national issues. Let's givea chance to this new dynamic and focus on the best way to make theNation head of State a part of it, not against it. It's the Nationinterest

Du dialogue politique

Cet article a ete publie sur Forum Diaspora en Avril 2005 http://fr.groups.yahoo.com/group/ForumDiaspora/message/7392

Il y a un peu moins d'un an, sur ce forum, je contribuais au débatnational sur le net en soutenant la stratégie de dialogue et sonpréambule la nécessite d'une rencontre au sommet entre les partispolitiques de l'opposition et de la majorité présidentielles. Jesuis heureux de constater que les leaders de l'oppositiondémocratique aient cassé le tabou et signifié clairement leurdisposition au dialogue. Il ne semble pas en effet utile de jeterl'huile sur le feu ou continuer à se regarder en chien de faïence oupire s'engager dans une confrontation armée sans courir le risquecertain d'anéantir les acquis, minimes soient ils, de l'ère post-coloniale.Il s'agit simplement d'un appel aux bonnes volontés afin d'éviter ànotre pays le sort peu enviable de beaucoup de pays africains quin'ont pas su maîtriser le processus de transition du régimed'exception à l'Etat de droit. Il ne s'agit pas moins de sauver lanation Mauritanienne, création récente, et qui n'est pas, il faut lerappeler, le produit d'un processus naturel de développementendogène mais plutôt le fruit de la volonté d'une certaine élite derompre avec un passée peu attractif. La mémoire collective nedevrait pas oublier que pendant l'époque précoloniale, pas si loinque ça, ce qu'on appelait Bilad Chinguitt était un no man's land oudes entités tribales se faisaient la guerre en permanence et oul'élite intellectuelle, malgré sa qualité reconnue à travers sonespace arabo-islamique a été incapable de créer les mécanismes d'unegestion pacifique des conflits et d'une évolution vers une entiténationale supra tribale.Il a fallu l'intervention de la puissance coloniale, dont le soucipremier n'était pas évidemment l'intérêt des populations, pour quela paix s'installe et que naît l'idée d'un peuple et d'une nation.Ce bref rappel historique vise à montrer que l'Etat national, malgréses nombreux dysfonctionnements, reste un acquis dans un pays où ilfaut remonter aux temps des almoravides pour trouver les tracesd'une autorité centrale. Il faut le préserver et le moderniser pourqu'il puisse remplir ses missions essentielles dans un environnementinternational ou l'Etat national est assujetti à des contraintesmultiformes, sans précèdent, venant de l'hégémonie des forces dumarché mondial et les tendances lourde de l'uniformisationinternationale.C'est dans ce sens que le dialogue politique rêvait un caractèrestratégique pour le développement institutionnel de notre pays. Ilne s'agit pas comme c'était souvent le cas de copter de nouveauxmembres au sein du système de gouvernement pour élargir et/oudiversifier la population des privilégiées mais plutôt de rétablirla confiance dans les institutions nationales et permettre auxMauritaniens de retrouver la confiance en eux-mêmes et en leur pays.Le Chef de l'Etat et son Gouvernement doivent se mettre à la hauteurde leur responsabilitees et saisir la main qui leur est tendue parles principaux chefs de l'opposition démocratique. Rien à l'étatactuel ne les oblige à le faire mais il y va de l'intérêt national.La gestion unilatérale par le Pouvoir du processus de transition n'apas été une réussite et son effet le plus évident est d'avoirinstallé durablement notre pays dans un état « semidemocratique » unpeu mieux que les régimes d'exception des années 80 mais loin del'Etat de droit protecteur des libertés et pourvoyeurs desinstruments de développement pour les individus et lesorganisations.Un constat sans équivoque a été dressé par le Chef de l'Etat lui-même lors de sa visite à Kiffa et les dysfonctionnements del'administration publique font, aujourd'hui, la une des mediasgouvernementaux et sont le sujet favori des discussions de salonsnaouakchottois. Mais l'action ne suit pas comme si les dirigeants dece pays étaient paralysés par la peur d'un lendemain incertain etincontrôlable. Cela se comprend mais le courage découle avant toutde la conscience que le coût de l'inaction est toujours et de loin,supérieur, à terme, à celui de l'inaction.Ahmed Ould Sidi Baba est un homme politique à qui on peut reprocherson soutien indéfectible et constant pour « son cousin » Chef del'Etat mais à qui on ne peut denier une lucidité d'analyse et unecertaine compétence dans la gestion des affaires collectives. Soninitiative qui vient après et j'espère consolider celle de l'UFP esta saluer et mérite le soutien de tous ceux qui croient a l'exigenced'une transition pacifique dans notre pays.Elle ne peut cependant aboutir sans le soutien solennel du Chef del'Etat en personne, sous forme d'une déclaration d'intentioninvitant les partis politiques à un débat sérieux sur les questionsnationales dont les conclusions et recommandations constitueront labase d'un programme de Gouvernement.Ce scénario continuera à relever du domaine de l'impossible tant queLe Chef de l'Etat entretient à grand frais une armada de courtisanset de laudateurs au sein d'un Parti qui a battu tous les recordsd'incompétence et d'inefficacité. La dernière implantation quidevrait être celle du renouveau et de la transparence était toutsauf un débat d'idées et une voie de promotion pour la compétence etl'intégrité. Elle s'est surtout caractérisée par une démonstrationde force des éléments de la nomenklatura « en disgrâce » pourrevenir sur le devant de la seine. Ce n'est pas un bon présage.Pendant ce temps, le Gouvernement, dont plusieurs de ses membres ontsubi des setbacks, continue à gérer la routine et semble incapablede mettre en œuvre une politique à la hauteur des attentes. La seulemesure qui capte l'attention est la dernière augmentation dessalaires des ministres et de certains hauts fonctionnaires quisurprend par son ampleur et son caractère isolé et déconnecté d'unestratégie globale et délibérée de modernisation de l'administration.Pourtant le pays semble mure et réceptif pour des reformes enprofondeur visant une promotion plus efficace et une meilleureallocation de la ressource nationale. Et ce n'est plus un légertoilettage que l'opinion attend mais une large et complexe opérationchirurgicale pour extraire la tumeur que constituent l'impunité etles sabotages des deniers publics. Cela est d'autant plus urgent queles perspectives pétrolières eguisent les appétits et pourrait, sion en prend garde, démultiplier les forces centrifuges et sapertoute les efforts de mise en place d'une nation Mauritanienneenracinée dans son milieu arabo-islamique et africain et ouverte auxopportunités d'enrichissement ouvertes par la rencontres descultures et des civilisations.

De la necessite du Dialogue politique

Cet article a ete publie sur Forum Diaspora en Aout 2004 http://fr.groups.yahoo.com/group/ForumDiaspora/message/4690


J’ai appris la nouvelle de « la tentative » de coup d’Etat par un coup detéléphone d’un ami, sympathisant de l’Alliance patriotique, avec qui j’ai unplaisir de discuter et qui connaît mon appréhension pour la violence. J’aidécèle dans son ton une certaine fierté d’appartenir à un courant de pensée quiprivilégie l’action et répand la conviction que plus rien ne peut se faire sansune alternance au sommet, quitte à provoquer celle-ci par un coup d’Etat. Commeà l’accoutumée, je lui est rappelé que l’actuel Chef de l’Etat a été plébiscitéà son accès au pouvoir et que probablement, si un autre compatriote accède à lamagistrature suprême, il bénéficiera de la même grâce mais qu’a mon avis lesproblèmes de la Mauritanie ne s’en trouveront pas résolus. Je prétends qu’ilss’enracineront davantage si par malheur l’alternance au sommet se fait d’unemanière autre que par des élections libres et transparentes, amenant à la têtede l’Etat un homme ou une femme qui sent la responsabilitéet le devoir de rendre des comptes à un peuple souverain.Par la suite, il s’avérera que « la tentative » sera controversée, commetoujours en l’absence d’une autorité crédible pouvant attester de sa réalité ounon. Elle reste, cependant, et dans tous les cas, un événement qui montre quenotre pays continue de s’enfoncer d’avantage et que malgré le discours de Kiffala tendance lourde reste le secret et la méfiance. Nous n’allons probablementpas connaître ce qui s’est réellement passé et encore une fois des nouveauxcompatriotes vont s’ajouter à la liste déjà longue des victimes de l’arbitraire.J’ai dans une intervention précédente encouragé et soutenu l’initiative de OuldMouloud d’entreprendre un dialogue au sommet avec le Chef de l’Etat et exprimerl’espoir de voir cette expérience s’élargir pour inclure tous les partispolitiques et les éléments actifs de la société civile.La tentative de coup d’Etat, réelle ou fictive, est venue nous rappelerl’urgence d’une décrispation de la situation. Ou bien les acteurs de la scènepolitique choisiront de laisser empirer une situation déjà explosive à plusieurségards avec tous les dérapages et les désastres socioéconomiques et humains qucela peut engendrer. Ou bien ils dégagent un quasi consensus national sur unschéma directeur pour sortir notre pays de la crise institutionnelle qui menacesa stabilité et empêche son développement.Il faut noter avec satisfaction l’ouverture au dialogue exprimée par plusieurspartis politiques d’opposition même si elle reste timide et limitée auxprincipes. La proposition faite par un compatriote du nom de Abderahmane OuldMarrakchy dans un article publiée sur Forum diaspora me parait à la hauteur dela situation.Il faut, cependant, reconnaître, à la décharge des Partis politiquesd’opposition, que la clé d’un dialogue sérieux se trouve aux mains du Chef del’Etat. Ayant volontairement ou non concentré entre ses mains l’essentiel del’autorité de l’Etat, c’est lui et lui seul qui peut déclencher une nouvelledynamique ou l’inclusion, la confiance, et le dialogue l’emporte surl’exclusion, la méfiance et la confrontation.Le discours, même suffisamment explicite comme celui de Kiffa, ne suffit plus.Il faut des actes. Le premier d’entre eux est que le Chef de l’Etat coupe lelien organique qui le lie au PRDS, un parti qui a montré son incapacité à sereformer et à être à la hauteur des espérances d’une grande partie de sesadhérents. Un parti qui malgré des moyens considérables, pour la plupartdétournés du Trésor public, n’a pas réussi à être plus qu’une machine électoralecoûteuse, corrompue et inefficace.Toute entreprise sérieuse de dialogue exige du Chef de l’Etat de se mettreau-dessus des partis politiques et d’avoir une attitude non partisane dont leseul et unique étalon de mesure est l’intérêt national. On ne peut forcer lamain du Chef de l’Etat sur cette question mais la décrispation de la situationnationale dépend en grande partie de la perception qu’auront les acteurspolitiques nationaux de l’intention et de la volonté du Chef de l’Etat. Cedernier devra nécessairement convaincre de son changement d’attitude à l’égardde ses opposants – notamment Ahmed Ould Daddah et Massoud Ould Belkheir - qui neseront plus perçus comme « une association de malfaiteurs » mais comme descompatriotes soucieux de promouvoir les libertés et le développement.Le deuxième acte pourrait être la convocation d’une conférence nationaleconsultative regroupant les partis politiques représentés à l’AssembléeNationale et les personnalités de la société civile dont l’activisme et lacrédibilité sont largement établis. Cette assemblée devra être un lieu de débatslibres et sans contraintes ou les participants ont un réel désire de dégager unconsensus sur les voies et moyens de sortir le pays de l’impasse.Le Chef de l’Etat pourra capitaliser sur cette expérience pour créer ungouvernement d’union nationale dont la première des missions est de préparer etcoordonner dans la transparence la plus totale les prochaines électionsmunicipales et parlementaires prévues en 2006. Ce Gouvernement aura aussi àcréer les modalités d’un élargissement de la représentation nationale et de lalibéralisation du secteur de l’audio visuel. Quelques idées à cet égard sontcontenues dans l’un de mes précédents articles.

Soutien a l'initiative de dialogue

Cet article a ete publie sur Forum diaspora en Aout 2004 http://fr.groups.yahoo.com/group/ForumDiaspora/message/4573


L’initiative du Parti des anciens Kadihines mérite encouragements et soutiens.C’est une tentative courageuse de débloquer une situation figée ou lesdifférents protagonistes refusent de trouver un compromis susceptible de faireévoluer le pays vers un meilleur état.Nous devons absolument rompre « la logique de Hama », une formule utilisée parFriedman, l’un des célèbres journalistes américains, pour expliquer la manièreradicale dont les sociétés régies par une mentalité tribale résolvent lesconflits et situations de crises. Suivant cette logique qui a fait dire a FeuBourguiba «la démocratie, c’est ôte toi de la que je m’y mette », en matière depouvoir, le compromis n’existe pas. Le fort ne sent pas son besoin parce qu’ilpeut écraser a volonté son faible adversaire. Le dernier n’y voit aucuneopportunité car « de toute façon a quoi cela va servir ».Nous devons rompre avec cette logique contraire à toute volonté sérieuse deconstruire un Etat de Droit et une société respectueuse des différencesporteuses de richesses. L’histoire montre que le progrès est le plus souvent uneaffaire de compromis, de petits pas, de goûtes qui un jour font éclater le vase.Rompre avec cette logique nécessite un changement significatif dans l’attitudeet le comportement de l’Etat et son Chef, le parti du plus fort, celui quigénéralement, imbue de sa suprématie et de sa puissance – et donc de son bondroit - ne sent pas le besoin du dialogue et du compromis. Le Pouvoir doitlâcher du lest et montrer, clairement et par des actes, une volonté de partagedes responsabilités et des bénéfices. En particulier, il ne doit pas décevoirceux qui lui tendent la main.Ceux qui tendent la main doivent le faire avec dignité et un sens élevé del’intérêt général. Nous souffrons malheureusement de l’absence d’une expériencepositive dans ce domaine. Tant d’opposants, dans notre pays, ont tendu la mainpour s’assurer une place aussi petite soit elle sur le siège oubliant au passageles valeurs qu’ils avaient professées et les citoyens qu’ils ont abusés. Lerésultat est aujourd’hui que le discours n’émeut plus et le militantisme seconfond avec le carriérisme.L’initiative des amis de Ould Mouloud et de Bedredine ne mérite d’êtreencouragée que si elle rompt avec ces habitudes fâcheuses de la classe politiquenationale. Je leur accorde quant à moi le bénéfice du doute et leur souhaitebeaucoup de succès. Un aboutissement heureux ouvrira des perspectives nouvellesde paix, de partage et de confiance. Un échec enfoncera davantage notre paysdans le cercle vicieux de la confrontation, de l’exclusion et de la « déchéance» politique. J’essayerai de développer dans les paragraphes suivants certainesidées qui a mon avis sont a centre de ce qu’on pourrait légitimement attendre decette initiative.Elargir et diversifier la représentation nationaleLe Chef de l’Etat a évoqué dans son discours de Kiffa la nécessite du contrôlepopulaire. Ce dernier ne sera effectif que si les differentes tendancespolitiques exprimant le spectre des multiples aspirations du peuple sontreprésentées aux niveaux national et local. Le Gouvernement devra convaincre desa volonté de mettre en place les dispositifs nécessaires a une transparence desélections prochaines au moins égale a celles des élections municipales etparlementaires de 2001.La loi électorale mérite aussi d’être toilettée. Elle favorise les grands partiset accorde un poids démesuré aux départements peu peuplés. Un rééquilibrageparait opportun vers une plus forte dose de proportionnelle dans l’élection desdéputés et des conseillers municipaux et une réduction des membres del’Assemblée Nationale élus au niveau départemental. Comme exemple, la loi peutaccorder un député seulement pour les départements de plus de 30000 habitants,et appliquer la proportionnelle intégrale pour pourvoir le reste des sièges del’Assemblée Nationale.Le nombre des grands électeurs qui nomment les sénateurs devra aussi êtremultipliées pour inclure des éléments représentants le terroir. Je pense enparticulier aux chefs des collectivités traditionnelles (tribus, villages etadwabas). Cela est plus conforme a l’esprit du Sénat tel qu’institué par laconstitution française qui inspire fortement notre Loi fondamentale.Ouvrir et libéraliser les mediasLe Chef de l’Etat s’est semble t il plaint d’être mal informé. Il devraitdemander des comptes à ses services qui ont étouffé dans l’œuf l’embryon depresse qui s’est formé au lendemain de la promulgation de la loi sur la Presse.Si l’article 11 de cette dernière n’existait pas, la presse écrite auraitatteint aujourd’hui un seuil de crédibilité irréversible. Le Chef de l’Etatn’aurait alors pour avoir une idée des réalisations de son Gouvernement et del’état de l’opinion que de se doter d’un bon service de presse capable de luifaire une synthèse complète de ce qui est écrit.Il faut abroger l’article 11 et supprimer toute subvention publique directe ouindirecte, formelle ou informelle à la Presse écrite. La demande locale etl’offre publicitaire devraient suffire à créer un nombre suffisant de journauxqui permettent une meilleure circulation de l’information écrite.L’Etat pourrait conserver une Radio et une Télévision nationales mais lalibéralisation du secteur de l’audiovisuel est opportune au moment ou le Chef del’Etat appelle à la modernisation du pays. Le développement de ce secteur serale reflet de notre modernité, de la capacité de notre pays à assumer et intégrerles nouvelles technologies de communication. C’est un secteur du futur quiassurera l’emploi et la promotion d’une partie non négligeable de nos jeunesdiplômés.Améliorer le rendement de la Fonction PubliqueLa politique ne peut a elle seule résoudre les problèmes d’un pays maladministré ou l’Etat souffre de dysfonctionnements notoires a tel point que sonChef se plaint de la non application de ses directives.Il faut dire qu’au moment où les institutions publiques manquent cruellement deressources, des hauts fonctionnaires vivent dans un luxe insolent au vu et au sude tout le monde sans que cela ne suscite qu’envie et jalousie. Chacun voudraitêtre à la « bonne place » et personne ne songe au caractère illicite et immoralde ces comportements totalement contraires aux valeurs islamiques supposées êtrecelles de notre société et de son encadrement politico administratif.Il ne sera pas facile de changer un caractère si profondément répandu et encrédans le fonctionnement des administrations publiques. Il est cependant difficiled’imaginer une amélioration significative de l’efficacité de l’Etat sans mettrefin à l’hémorragie des ressources résultant de la corruption, des détournementsde fonds publics et du trafic d’influence.Certains disent que l’ancien directeur des Domaines, précédemment directeur duTrésor a voulu mettre de l’ordre dans ces deux structures, au centre dugaspillage de la ressource publique. Il a été rapidement remercié. Je ne suispas sur de la fiabilité de la source mais je sais qu’au commencement de lareforme se trouve l’appui et le soutien aux incorruptibles du système. Ceux qui,contre vents et marées, refusent de se salir tout en continuant à donner lemaximum d’eux même au service public national. J’ai rencontré l’un d’eux quiétait en mission à New York. J’ai été frappé par sa lucidité et son sens dudevoir. Il est docteur en économie mais parait sous utilisé dans un départementqui a pourtant besoin de compétences, le Ministère des Finances.Apres le soutien systématique aux incorruptibles du système, vient la phase del’action systémique de reforme en profondeur visant a faire de l’agent public unfournisseur de services, compétent et motivée, et de l’autorité de l’Etat unesource de sécurité et de justice. Plusieurs variables sont en jeu mais l’uned’elle me semble plus importante que les autres. La renumérotation, et plusgénéralement le traitement global des fonctionnaires, est très en dé ça duminimum vital. Au moment où notre pays alloue des ressources considérables à lalutte contre la pauvreté, on comprend mal qu’on passe sous silence l’indigencede la majorité de serviteurs de l’Etat et leur incapacité chronique à faire facea leurs échéances.

du discours du Chef de l'Etat

Cet article a ete publie sur Forum Diaspora Juillet 2004 http://fr.groups.yahoo.com/group/ForumDiaspora/message/4513

De l’étranger ou je vis loin de mon pays et de ses soubresauts, je ne peux m’empêcher de suivre l’évolution de la chose publique avec l’espoir permanent du « breakthrough », du moment ou l’ensemble des acteurs de la politique nationale enteront la hache de guerre et adoptent une attitude positive en vue d’orienter le pays vers des lendemains meilleurs et mettre en place les conditions durables de la bonne gouvernance. Je comprends que la gestion unilatérale par le pouvoir du processus électoral et la volonté délibérée de l’administration de saboter les acquis démocratiques ont sapé la confiance que nous pourrions avoir en la capacité des institutions nationales de pacifier le pays et de lui insuffler une dynamique de paix et de développement. Le résultat est aujourd’hui un blocage a tous les niveaux ou le dernier nédes formations politiques appellent au renversement armé du régime et ou leChef de l’Etat reconnaît les failles du système sans que cela, et dans lesdeux cas, ne suscite une réaction significative de la part des acteurspolitiques. Je n’ignore pas les réactions de mon ami Mohamed, ni celles deHormtallah et du Parti de Ould Mouloud mais elles restent insuffisantes etdénotent d’une léthargie généralisée de la classe politique.Je crois pourtant que ces évènements que beaucoup d’entre nous jugentinsignifiants sont un appel au secours à la manière mauritanienne. Chacun,a sa façon, dit que « ça va très mal » sans qu’il est le courage dereconnaître que rien de positif ne pourrait sortir de la situation actuellesans que Pouvoir et Opposition discutent sérieusement et cessent de vouloircoûte que coûte liquider l’autre.L’opposition doit reconnaître que son manque de réalisme et de dynamismecréatif lui a fait manquer des opportunités de participer plus efficacementet de peser plus lourdement dans l’orientation du pays et sa gouvernance.La stratégie de la confrontation et du boycott n’est pas payante dans unpays ou l’Opposition a une capacité de mobilisation et une marge demanœuvre limitées. La politique étant l’art du possible, les dirigeants despartis d’opposition doivent développer une stratégie de compromis, la seulevoie qui leur est ouverte d’influencer peu soit il sur l’évolution du pays.Je prétends qu’il est opportun que les dirigeants des Partis d’oppositiondéclarent leur intention sincère d’un dialogue constructif avec le pouvoiret demandent à voir le Chef de l'Etat ensemble ou séparément. Ils devrontexprimer sans ambages leur volonté de participer à la gestion du pays àtous les niveaux et expliquer les bénéfices que le pays peut tirer de cetteparticipation en terme de pacification, de stabilité et de développement.Je salue a ce titre l'inititive de Ould Mouloud et lui souhaite bonnechance dans son entreprise de dialogue avec le Chef de l'Etat.Le compromis, n’étant pas la compromission, cette stratégie nouvelle doits’accompagner d’une rigueur au niveau des valeurs et des comportements. Ilne s’agit pas de la politique du partage du gâteau, chère à nos activisteset source de la crise de confiance qui paralyse notre pays. Il s’agitplutôt d’élargir l’offre de compétences afin que les institutions publiquesdisposent des ressources appropriées pour le développement de leurefficacité et de leur efficience.Evidemment, un changement de stratégie de l’Opposition n’aura probablementpas d’effet à court terme si le Chef de l’Etat et son administrationcontinue l’exclusion de tous ceux qui ne montrent pas du zèle dans leursupport pour la politique gouvernementale. Si le Chef de l’Etat veutserieusement lutter contre les maux qu’il a décrit à Kiffa et améliorer lapolitique de son gouvernement, il aura besoin de recruter au delà de ceuxqui applaudissent à chacun de ses discours. Beaucoup de ces derniers sontdes corrompus attirés par l’appât du gain facile et peu intéressés par unchangement qualitatif, quelques soient par ailleurs les effets positifsqu’ils peuvent en tirer à moyen et long terme.Le Chef de l’Etat ne peut aussi se passer du contrôle populaire et del’assistance d’institutions publiques efficaces et efficientes. Il doitélargir le contrôle populaire par une meilleure transparence des électionset améliorer les fonctionnements des administrations par un appelsystématique aux méthodes modernes de gestion. Ce processus de reforme nepeut être que progressif mais exige de la rigueur et de la persévérance.Le contrôle populaire deviendra plus efficace des que les populationsauront la conviction que la neutralité de l’administration est réelle etque les fonctionnaires n’essaient pas d’influencer le résultats desélections dans un sens ou un autre. Une directive présidentielle claire etmenacente pour ceux qui faussent le jeu électoral serait bénéfique mais nepourrait remplacer l’existence d’un corps d’administrateurs compétents etmotives et disposants des moyens leur permettant de mettre l’intérêtgénéral au-dessus des considérations partisanes.Les dernières élections municipales et législatives ont été reconnues parla plupart des observateurs et acteurs de la scène politique commerelativement transparentes. Notre pays a besoin de consolider et d’étendrecette expérience démocratique à un niveau d’irréversibilité et de totaletransparence. Cependant pour que le contrôle populaire soit efficace, lareprésentation populaire doit être la plus diverse et la plus qualifiéepossible. Il serait opportun de changer la loi électorale pour y inclureune forte dose de proportionnelle et des critères de compétence pour l’élu,en terme d’éducation et d’intégrité.La reforme des institutions doit commencer à mon avis par l’institutionéducative et l’Armée. Nous avons besoin d’une école moderne capable depréparer nos enfants et nos jeunes à une vie adulte responsable etproductive. Cela ne pourrait se faire que par une revalorisationsignificative du savoir et de son vehicule principal : l’enseignant. Audelà d’une meilleure utilisation des ressources existantes, l’institutionéducative a besoin de moyens supplémentaires importants qui doiventnécessairement être prélevés d’autres secteurs situés à un niveau plus bassur l’échelle des priorités.Notre pays a aussi besoin d’une institution militaire professionnelle,respectueuse des valeurs républicaine, et garante de l’intégrité duterritoire et la stabilité des institutions. L’Armée peut aussi constituerun instrument de promotion sociale et de pourvoyeur de services sociaux. Jepense en particulier aux hôpitaux militaires et a la formation aux métiersdispensée au sein de l’institution militaire. Le sécurité du pays et lastabilité de ses institutions ne peut assurée à un niveau acceptable quepar des hommes en uniforme capables, fiers et dignes. Cela suppose unementalité nouvelle mais surtout une meilleure organisation des ressourcesexistantes, le pays ne pouvant se permettre des moyens additionnels, pourque Armée puisse mieux payer ses hommes et leur assurer une vie décente,loin du délabrement matériel qui caractérise aujourd’hui, au moins dans saface visible cette institution nationale.C’est là une participation modeste à un débat important qui doit être richeet constructif, loin des vindicatives et de la distribution des blâmes.